Jules-Paul Loebnitz

1836-1895

1833

Création

de la manufacture Pichenot-Loebnitz par M. Pichenot.

1841

La faïence "ingercable"

En 1841, M. Pichenot avait commencé la fabrication des panneaux de faïence ingerçable pour intérieurs de cheminées et revêtements divers, présentée avec succès à l’exposition de 1844. Ce procédé modifiait la composition de la pâte et non celle de l’émail dans le but de résoudre le problème du « tressaillage » ou de « gerçage » de l’émail. Rompant avec la traditionnelle fabrication de poêles de faïence blanche ordinaire, la manufacture Pichenot-Loebnitz fut l’une des premières à entrer dans la voie de la production de faïences décoratives architecturales, avec en 1849, des faïences peintes par Devers pour orner l’église de Saint-Leu-Taverny. Jean-Baptiste Pichenot meurt la même année et c’est sa veuve qui prend sa succession.

1857

Jules Loebnitz, directeur de la manufacture

En 1857, Jules Loebnitz, son petit fils, lui succède à la direction de la manufacture après des études à l’Ecole des Beaux-Arts. Son père, natif d’Iéna et naturalisé français en 1824, s’était allié à la famille Pichenot par un mariage.

Artiste autant qu’industriel, Jules Loebnitz hérita de cette manufacture et lui donna une nouvelle impulsion en développant largement la céramique architecturale, notamment à la suite de l’un de ses premiers chantiers pour lequel il se passionna : la restauration du château de Blois, confiée à l’architecte Félix Duban pour lequel il refit les anciens carrelages des cheminées.
Il collabora ensuite avec les architectes les plus éminents de son époque : MM. Eugène Viollet-le-Duc, Laval, Charles Garnier, Just Lisch et Paul Sédille.

1867

Début de la collaboration Loebnitz et Sédille

Entre l’architecte Paul Sédille, à qui l’on doit les Magasins du Printemps ou la Basilique du Bois-Chenu à Domrémy-la-Pucelle, et Jules Loebnitz, naît une véritable amitié qui les engage dans une étroite collaboration tant professionnelle qu’intellectuelle qui débuta en 1867. Le théoricien de la polychromie architecturale avait rencontré celui qui avait apporté des progrès considérables à la céramique française, permettant la fabrication de grandes plaques de faïence ingerçable à émail stannifère décorées de peintures en couleurs vitrifiables très brillantes et de coloris très durables, comme s’en félicitait Brongniart. Plusieurs projets architecturaux naquirent de la collaboration entre Sédille et Loebnitz : pavillons d’Exposition Universelle, immeubles d’habitation, villas, hôtels ou monuments commémoratifs.

1878

Première médaille d'or

Jules Loebnitz ainsi que la manufacture qui porte son nom assoient leur renommée dans les dernières décennies du XIXe siècle. Tout d’abord à l’Exposition Universelle de 1878, année où le céramiste présente avec Paul Sédille la porte des Beaux-Arts, et obtient une médaille d’or.

1880

L'atelier rue de la Pierre Levée

Ce succès, auquel la publication dans les mêmes années de l’ouvrage de Pierre Chabat, La brique et la terre cuite, a contribué, l’amène à construire un deuxième atelier en 1880 dont Paul Sédille entreprend la construction au n° 4, rue de la Pierre-Levée. Pour les deux hommes, c’est l’occasion de mettre en œuvre une riche polychromie, thème qu’ils défendent ardemment. La façade intègre les trois panneaux réalisés d’après les peintures d’Emile Lévy pour la porte du palais des Beaux-Arts : La Peinture, L’Architecture, La Sculpture. Lœbnitz  y ajoute un quatrième panneau : Les Arts du feu.

Photographie de la façace des ateliers de Jules Loebnitz rue de la Pierre-Levée

1883 et 1889

Les Expositions Universelles

Quelques années plus tard, en 1883, une nouvelle médaille d’or est obtenue par le céramiste à l’Exposition Universelle d’Amsterdam. Puis, signe de sa renommée, il fait partie du jury et est le rapporteur de la section céramique lors de l’Exposition Universelle de 1889 à Paris. Au moment de dresser la liste des récompenses, il est amené à parler de sa propre exposition :

« Ce n’est pas sans éprouver quelque embarras que le rapporteur de la classe 20 est obligé de parler de l’exposition de M. Jules Lœbnitz. Volontiers il aurait passé sous silence cette exposition, mais on ne le lui a pas permis. (…) Cette exposition, qui comprenait les matériaux les plus variés, propres à la décoration céramique appliquée à l’architecture, était présentée dans un élégant portique décoré d’émaux et de terres cuites. La pièce principale de cette exposition était une cheminée monumentale en briques apparentes, ornée de décors émaillés et comportant, sous la voussure du manteau, deux groupes de personages, grandeur nature, en terre cuite de ton naturel ; architecture de M. Paul Sédille, figures d’André Allar. Ensuite, dans les salons de droite et de gauche, se trouvaient : des bas-reliefs, des pièces de revêtements à émaux stannifère ou translucides, des poêles artistiques que la maison a exécutés pour les palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, les pavillons de la République Argentine, de l’Algérie, du Brésil et du Chili, la maison assyrienne, etc.« 

Photographie du stand de Jules Loebnitz à l’Exposition Universelle de 1889

Autres réalisations

Jules Loebnitz travailla également à Monte-Carlo auprès de Charles Garnier pour la construction du théâtre et à Lyon où il est l’auteur des grandes figures émaillées du porche de l’église Saint-Vincent, sculptées par Léon Chédeville.

Il collabore avec Charles Roux-Meulien, architecte lyonnais : suivant les dessins fournis par l’architecte, Lœbnitz exécute des faïences décoratives destinées aux rétrécissements de cheminées, des panneaux décoratifs placés en extérieur comme la représentation de deux prédateurs de gibier pour le pavillon de chasse de Montchamps, ainsi que la frise du porche où des animaux s’entre-dévorent. Il va aussi réaliser un panneau pour la villa de César Puvis de Chavannes à Cuiseaux.

Il réalise les deux panneaux (Les Fleurs et La Danse) encadrant l’entrée du Café Riche, boulevard des Italiens à Paris, placé en 1894, puis retirés en 1898 et dont la construction était assurée par Albert Ballu. Ces panneaux avaient déjà été présentés lors de l’Exposition Universelle de 1878. Aujourd’hui, le panneau intitulé Les Fleurs est conservé au musée de la céramique de Rouen.

En 1895, Lœbnitz réalise le décor du vestibule de l’immeuble construit par Charles Naudet au 122, rue La Fontaine (Paris, 16e arrondissement). La même année, il réalise le décor du vestibule d’un autre immeuble, réalisé par Charles Plumet (67, avenue Raymond Poincarré, Paris, 16e arrondissement). Ce décor, une frise de tournesols, avait également déjà été présenté à l’Exposition Universelle de 1878.

1895

Postérité

Jules Lœbnitz meurt le 20 octobre 1895 dans les murs de sa manufacture. Il est immédiatement remplacé par son fils Jules-Alphonse, qui le secondait déjà depuis 1880. Ce dernier arrivera à maintenir l’activité de la manufacture pendant de nombreuses années.

Le décès du céramiste fût l’occasion pour Paul Sédille de rendre un dernier hommage à leur amité et collaboration.  Il réalisa son tombeau placé au cimetière du Père-Lachaise, dans la 85e division. André Allar participa également en réalisant un médaillon de terre cuite sur lequel figure son portrait.

Tombeau de Jules Loebnitz et Robert Le Besnerais au cimetière du Père Lachaise

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